Economie

Le déplacement domicile-travail

Selon les sources du Ministère du Travail, 3 Français sur 4 vont travailler en voiture. Le temps de trajet moyen aller-retour pour aller travailler est de 50 minutes (68minutes en Île de France). Selon le Ministère de la Transition écologique, la distance moyenne parcourue avec un vélo à assistance électrique est de 7,4 km par jour, alors qu’avec un vélo traditionnel , elle est de 3,8 km. Un quart seulement de nos déplacements quotidiens se font exclusivement à pied.

Selon André Caron , enseignant (62) , on peut faire d’énormes économies dans le déplacement domicile-travail : « Nous vivons dans un monde absurde : chaque jour, pour aller au travail, une personne seule déplace presque trois tonnes de fer avec une voiture 5 places que les fabricants font de plus en plus grosses. Fabriquons des voitures monoplaces plus légères pour ces trajets quotidiens et louons des voitures 5 places le dimanche pour les sorties de famille. Dans la foulée, limitons la puissance des moteurs en fonction des vitesses autorisées. »

Sylviane Squillace , agent de sécurité à Niort (79), utilise une trotinette électrique pour arriver plus vite au travail , au siège de la MAIF.

En 50 ans, que de changements ! Ils sont profondément sociétaux : notre lieu de travail s’est peu à peu éloigné de nos habitations et la démocratisation de la voiture individuelle a accompagné cette révolution. Mais on ne passe pas de 5 à 34 millions de véhicules particuliers sans conséquences. Surtout quand , simultanément, les emplois se concentrent dans les villes et les métropoles. Malgré l’énorme développement des transports en commun(métro, bus, tramway),nos voies de circulation sont saturées (ex.la rocade de Bordeaux).

Avec des vies marquées par des mobilités contraintes : « A Paris, je dois prendre le métro pour aller travailler, car ce serait plus lent en voiture, raconte Liane. Mais sur certaines lignes , pas un jour ne passe sans incident, et j’ai alors 1h50 de trajet , debout pendant au moins la moitié du temps ».

La situation est critique. « Notre santé physique et psychologique, notre vie sociale, notre porte-monnaie et notre planète ont besoin de beaucoup moins de voitures » ,résume Didier. Moins de voitures polluantes surtout, car les citadins sont asphyxiés par des réseaux saturés, pendant que les ruraux accumulent les kilomètres pour accéder à des services ou des emplois qui s’éloignent d’eux. Une France des mobilités à deux vitesses.

Mais il y a de bonnes raisons de croire au changement. La prise de conscience est manifeste avec une volonté de trouver des solutions portées par les politiques publiques et des initiatives privées, telles que celles de la MAIF. Les offres sont adaptées à la diversité des usages : Travelcar (autopartage), Klaxit(covoiturage domicile-travail), Wheeliz (autopartage pour personnes en situation de handicap), Zenpark (parkings partagés).

Les arguments ne manquent pas pour justifier l’intérêt écologique du vélo ou ses bienfaits pour la santé. Mais depuis presque 10 ans, nous démontrons aussi son intérêt économique. Savez-vous que , déjà, grâce aux adeptes du vélo, nous économisons plus de 5 milliards€ par an en dépenses de santé ? Ce chiffre seul justifierait nos efforts pour augmenter la part modale du vélo dans les transports qui est de l’ordre de 3%. Imaginez l’impact pour la Sécurité sociale si elle atteignait au moins 12% comme dans les pays du nord de l’Europe ! Pour les familles qui l’utilisent, l’intérêt économique est considérable puisqu’il permet de n’avoir qu’une voiture, voire de s’en passer. Mais il y a aussi un impact économique pour l’ensemble de la société ; car le vélo, c’est tout un écosystème et 35 000 emplois environ , avec des personnes pour les fabriquer , les vendre, les entretenir. Pour développer ce potentiel, il ne suffit pas de créer des pistes cyclables. Il faut aussi des solutions pour stationner le vélo à domicile, au travail, devant les commerces et les services publics. Il faut aussi des lieux pour les entretenir ( à Caudéran, quartier le plus peuplé de Bordeaux, le seul réparateur de cycles a fermé il y a plus de 5 ans et n’a pas été remplacé). Heureusement, il se développe des ateliers d’auto-réparation, souvent associatifs (ex. à Mérignac Arlac).

Enfin, il faut parfois des formations. Des vélo-écoles permettent notamment , en quelques séances de remettre en selle des salariés dans le cadre des plans de mobilité des entreprises.

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