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LE QUATORZIÈME JOUR

Le quatorzième jour, elle ovula et il la féconda. Puis vinrent les PMA, les FIV et les clones, et les vaccinations obligatoires.

J’aurais aimé qu’il respire ses premières heures en se nourrissant de « L’amour et la révolution », tapi au fond de mon ventre, lui-même retranché au fond d’un siège du cinéma L’UTOPIA, pour trouver chez ses frères et sœurs grecs, force et détermination à affronter les armées et les polices, dans la solidarité, les collectifs et la pugnacité.

C’était mon quatorzième jour de cycle lunaire, qui était le J – 10 des attaques sur NOTRE DAME.

10 comme les doigts des mains, frappés par les coups de matraques, en Italie, en France, en Grèce ou aux États-Unis, et en Catalogne, ou ailleurs sur la planète Terre.
On percevait la répression partout le 30 Mars, en France, avec les mouvements sociaux des cheminots et de tous les autres, étudiants, salariés de la grande distribution, postiers, salariés d’EPHAD, chômeurs, ouvriers en lutte – la veille de la fin de la trêve hivernale.

Le 9 Avril, les opérations dites « d’expulsion » ont commencé sur la ZAD.
C’était le jour 24 du cycle.

J’ignorais si je portais la vie en moi, ou si seuls pisse et merde et tripes et boyaux occupaient la place de mon gros ventre, en plus du joli sperme de mon ami soldat voyageur au milieu de tout cela, dans mon vagin et ma cavité rupestre de femme de troglodyte.

Jusqu’au jour 27 du cycle, les agressions militaires sont nouvelles, et je suis la nuit et le jour, dans l’oppression de ressentir les attaques, de visionner les images, d’écouter la radio pirate - radio klaxon, et de croiser toutes les informations pour les envoyer à une camarade qui est partie rejoindre la ZAD dès l’annonce des hostilités.
Je découvre sur les plans, depuis l’écran, le Gourbies, la Paquellerie, les Agrée, les 100 Noms, les Fosses Noires, les Vrais Rouges et tous les autres lieux de construction et désormais aussi, de combats. Je n’ai pas la force de me battre sur le terrain, alors je relaie l’information.

Passés ces trois jours où je dors peu, les renforts commencent à arriver de partout, et le conflit s’ancre dans la durée alors que l’on commence déjà à s’accoutumer au front de LOIRE – du moins aux informations télévisuelles nationales, qui ne présentent déjà plus le conflit qu’en fin de journal, comme un fait annexe et moins important que la recherche d’un nouveau serial killer servi en gros titre dès l’ouverture du journal.
On ne peut jamais réellement s’accoutumer de la guerre et des injustices, mais l’étonnement et la stupéfaction font place à l’enracinement.

L’opération CÉSAR en 2012 ne nous avait pas laissé nous habituer à quoi que ce soit tant l’intervention des forces de l’ordre avait été un échec pour eux.
C’est la revanche du dangereux zélé PRESI-DENT-DUR-ET-CRON.

On savait que certains nous voyaient déjà comme les Sans Dents, mais c’était seulement les préliminaires aux Dents Dures : les policiers gazent les ZADISTES, détruisent les habitations -appelées SQUATS par les médias et les gouvernants – et arrivent par milliers sur la zone chaque jour.
Déjà 11 jours que le conflit s’est ouvert militairement sur la ZAD – Jour 33 du cycle et j’espère – j’espère LA VIE.

Hier, le collaborationniste HULOT s’est fendu d’une visite impérative sur la ZAD pour ORDONNER la fin de la résistance en échange de rentrer dans le rang capitaliste d’une gestion individuelle des terres, et soumise à autorisation de l’État.
Avec une infinie tristesse, je constate que les faux écologistes sont dans l’écologie, que l’armée dirige mon pays, et que les temps s’annoncent dictatoriaux si l’on ne se soulève pas – PLUS ENCORE.

Et en ce jour 33 du cycle déréglé de la vie, je trouve le sang au milieu de cuisses poilues de vieille guenon un peu out of lunes, le tout en direct du FLASH INFO de la ZAD, signe que la vie, si elle avait existé pendant 19 jours, s’est tue sur mes pieds de Gironde ce matin.

Convergence des luttes, mon chien se fait attaquer par un chien policier, et saigne – lui aussi.

On apprend par les réseaux sociaux, relayant les équipes médicales de la ZAD, que les grenades lacrymogènes et incapacitantes contiennent des substances chimiques interdites par les conventions internationales, alors qu’en même temps le nazillon Cron lance des bombardements à 1,8 millions d’euros/ le missile sur la Syrie au motif qu’elle ferait usage d’armes chimiques. Quelle fumisterie à base de gaz une fois de plus dans l’histoire, pour s’emparer qui plus est d’une des plus grandes réserves de gaz naturel mondiales, basée comme par hasard, en Syrie.

J’en pète de rage en même temps que mon conjoint fantôme - il paraît que ça crée un lien dans le couple par les airs, avec le méthane, le dioxyde de carbone, l’hydrogène et autres composants odorants ou non qui composent les gaz intestinaux.
Perturbateurs endocriniens, sodas, mal bouffe, glyphosates, OGM, pesticides, tabac, pots d’échappement, nucléaire, les capitalistes de ce monde n’en finissent plus de nous gazer depuis la fin de la seconde guerre mondiale, montrant qu’ils n’ont jamais arrêté de vouloir nous détruire et clairsemer la population humaine et animale jusqu’à n’avoir plus d’autre recours que de trouver la bonne exoplanète.
Il semblerait aujourd’hui que l’Union européenne adopte une réglementation favorable à l’agriculture biologique et aux semences…car ils se rendent compte que c’est un nouveau marché économique intéressant pour le business ?

On ne s’attendra pas à disposer de produits bio accessibles à tous, à moins que.
Nous rendre stériles ?

Faut t -il donc qu’ils n’aiment ni la vie, ni la nature, et qu’ils ne pètent qu’en silence, dans leurs fauteuils de direction en cuir noir, ou dans leurs voitures avec chauffeur électronique, depuis leurs bureaux avec vue sur les buildings de New York City ou d’Issy-Les-Moulineaux et de la Défense.

J’avais peine à croire que les grands entrepreneurs de ce monde se réunissaient chaque année avec le Club Bilderberg, pour réaliser des plans machiavéliques sur la planète, à base de chiffres comptables et de grands desseins élitistes et hégémoniques.

Alain Juppé, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, tous nos grands dictateurs des doctrines libérales y ont pourtant leurs dates.

L’objectif, inavouable pour l’instant, de ces grands clubs de patrons et de politiques, ne serait t il pas de racheter les Etats, qui doivent en principe servir la collectivité et un certain intérêt général inspiré par la devise « Liberté, égalité, fraternité », après les avoir sciemment mis en « faillite » et en défauts de fonctionnement, dans un un système universel et mondial de « la crise », pour ne plus faire qu’exploiter les individus à travers l’entreprise et les World Companies : une planète pour une entreprise mondiale.

Que le projet de société ne soit plus qu’un projet de la sacro-sainte entreprise, basé sur un business plan aux desseins de faire de l’argent, des profits et des capitaux, en faisant croire que ça pourrait « ruisseler », comme l’eau des rivières et des cours d’eau qu’ils font en même temps disparaître des plans et des zones de protection dans le monde.

Le collectif de la société représenté avec l’État, le service public, et l’intérêt général, n’existerait plus que par l’entreprise réunissant tous les domaines de l’activité humaine – de la crèche, à la salle de sport, à la restauration, au voyage et au tourisme et à l’hébergement- et présidant à toutes les volontés. La fameuse Start-up Nation, remplaçant sans lapsus aucuns de la part du freluquet Cron et ses sbires - sortis tout droit de Kedge University avec leurs costumes et leurs chemises amidonnées qu’on n’a pas le droit de déchirer- , le sacro-saint État de Droit des années légalistes.

L’ÉCONOMIQUE supplantant le DROIT, tout comme l’entreprise supplanterait la société. Les CHIFFRES comme INJUSTICE.

Rentabilité, profits, efficacité, mérite, et asservissement des masses ou robotisation et clonage.

Dans leur monde il n’y a pas de place pour la gratuité, et le partage – valeurs trop civilisées de gauche – ou bien, dans une énième perversion des sens, faut t -il comprendre là que les travailleurs doivent en plus d’entretenir le système de leurs privilèges, travailler gratuitement pour être solidaires –

Ces valeurs sont amenées à disparaître en faisant aussi disparaître l’éducation et l’esprit critique des écoles et des universités, et en transformant écoles et entreprises en annexes des entreprises : le jardin d’enfants sera bientôt le parvis de la boîte et de la boîte de nuit, peut être aussi d’ailleurs.

A quoi bon faire des études, si c’est pour seulement apprendre à être un bon capitaliste, dans la pyramide des pouvoirs.

A quoi bon faire des études, si on ne peut plus y étudier le Kapital de Marx, puisqu’il serait interdit à la lecture, comme jugé trop dangereux à l’éveil des foules et des individus.

Je ne sais pas, dans ce contexte, si je conseillerais à mes enfants, de s’inscrire à l’Université. N’auraient t-ils pas plus à apprendre de se voir transmettre le savoir des anciens métiers, ou d’apprendre de ce qui reste de la Nature avec des protecteurs de l’environnement.

Quel drame de voir son enfant partir pour le service Communication de l’entreprise Bouygues Télécom, ou devoir travailler pour Mac Do pour financer ses études. Enrôlé comme dans une armée, avec une éthique et des valeurs à ingurgiter dans tous les aspects de la vie, qui remercie son Big 5 chaque jour de l’autoriser à jouer au ping-pong ou au billard pendant ses 5 minutes de pause en visualisant une pancarte inscrite « Merci Bouygues télécom » sur le panneau de jeu.

La vie de ces esclaves modernes consistant à faire vivre des privilèges, pour permettre à une minorité d’aérer son cerveau régulièrement sur un yacht ou de tuer des animaux pour s’étourdir de fourrures, et se mouvoir dans des châteaux – le système reposant aussi sur l’interdépendance des uns et des autres au luxe de l’autre et sur l’envie et l’ambition matérialiste d’en faire autant, tout en constatant que ces privilèges seraient de plus en plus réservés à une minorité que l’on ne pourrait contempler qu’à la télévision, pour se projeter artificiellement, le temps d’une lobotomisation télévisuelle, dans leur insouciance et leur frivolité matérialistes.
Tout en haut, ils se jouent bien de nous, depuis tout ce temps, à tirer les ficelles de nos destinées collectives – à décider la guerre – à décider la nature – à décider les produits -à réaliser leurs projets macabres. Ils se croient éduqués car ils vont à l’Opéra, et qu’ils s’habillent chez les grands noms du luxe, ou bien parce qu’ils sont propriétaires à crédit de leur maison, et qu’ils viennent de changer de voiture, tout cela pour tous cela, au nom de leur foi dans le libéralisme tout puissant – expression des plus vils instincts inéduqués des guerriers et des sauvages- ou bien tout simplement parce qu’ils sont juste très bêtes et n’ont aucun esprit critique – qu’ils gobent tout comme on gobe les bonbons plein de gélatine de porc et de produits chimiques dans les anniversaires des enfants gâtés.

A jamais imparfaits, puisque nous mangeons nous aussi des bonbons, qui sont mauvais, dans les anniversaires, des enfants gâtés de sodas et d’ordinateurs, nous sommes cependant le vrai monde civilisé, celui où l’on maîtrise son instinct de guerre, où l’on maîtrise son instinct de posséder, où l’on fraternise dans les collectifs, et où l’on veut partager un peu ou beaucoup, pour faire fructifier l’amour et la bienveillance.
Nous nous opposons à eux par nos consciences et par l’éducation que nous partageons : nous nous bâtissons en êtres libres et autonomes, conscients du monde, armés pour dire non à leur système du tout individuel du chaos et de toutes les barbaries et méchancetés. Nos consciences sont notre force et chaque jour est un jour de plus à notre éducation collective et individuelle vers un mieux-vivre ensembles.

La loi sur l’immigration passée toute cette semaine en « débat » au Parlement des tueurs et des menteurs, montre bien cette volonté égoïste et criminelle de repousser au-delà de nos territoires les immigrés issus des guerres que nous entretenons par ailleurs, tant dans la fourniture des armes, que dans l’état de la « diplomatie » ou des décisions de l’ensemble des chefs de guerre du monde de la bêtise et des foules bêtes et inéduquées, que sont Trump, Macron, May et leurs armées de sinistres brutes et agresseurs de citoyens.

Il semble que seuls ces quelques personnages, assortis de leur cour royale, se délectent de ces décisions de faire la guerre, au préjudice des populations civiles, et de l’environnement.

Comment se peut t il qu’on en soit retourné aussi vite au temps des monarchies, de la gabelle, et des croisades ?

Les a – t – on jamais quittés ?

Cependant, je suis inquiète, car dans ma culotte, la vie a fait place au sang, selon un cycle maléfique, le cycle de la vie, et de l’infertilité alors qu’il était né un jour d’amour et de révolution.

Jusqu’où sont t – ils capables d’aller à Notre – Dame – des – Langes , veulent t – ils tuer la vie qui bat et nos enfants dans nos cœurs ?

Colporteurs de la mort, les policiers sont sourds, armés de matraques, et d’armes chimiques.

Nous - sommes armés de bâtons, mais nous avons la foi, les consciences, les corps et les âmes. Et les couilles aussi. Et les ovaires. N’oublions ni les uns, les autres. Et nos ovulations. Ne les oublions pas. Nos ovulations.

ET QUE LA ZONE A DÉFENDRE VIVE DANS CHACUN DE NOUS D’UNE MANIÈRE OU D’UNE AUTRE, ICI OU LA-BAS, ICI ET MAINTENANT, SEULS ET ENSEMBLES, DANS UNE MANIF OU DANS SA CAMPAGNE OU DEVANT SON ÉCRAN OU AU TRAVAIL, ENCORE.

– A. M. R — Alias Maria Rebelle –-
Le 19 Avril 2018

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