écologie

NOTRE DAME DE NOS LUTTES

A l’heure où Cron-Cron vient racoler les milieux conservateurs catholiques, pour réellement exister en tant que dictature fasciste à l’ancienne, avec les chasses à cour, les châteaux et tout le flon-flon, la vraie Église – celle des justes - prie pour les combattants de la fraternité qui, dans la boue, luttent contre l’oppression, à Notre Dame des Luttes.

Les chapelles agricoles de la fertilité et des semences sont actuellement en cours de destruction, mais des renforts affluent de partout pour soutenir le combat à pied d’œuvre.

Ils tiennent le front par l’acharnement, et se battent avec des cailloux et des stratégies.

Laboratoire de démocratie vivante, Notre Dame des Landes était le témoin que l’on pouvait encore espérer que la gouvernance ouvre un champ aux inventions du vivre – ensemble.

Mais que ce soit en Catalogne, en France, au Brésil, au Vénézuela, ou, à peu près partout dans le monde je crois, les médias, alliés bien pensants des pouvoirs armés des États, soutiennent les oligarchies en place ou qui voudraient l’être, celles qui occupent illégitimement notre collectivité – l’État, pour nous soumettre à leur dictature du tout économique, et cette alliance qui est instillée par la grande distribution, la publicité, les objets de consommation, la croyance que le confort est le premier idéal de vie à réaliser, a intoxiqué tous nos êtres pensants et agissants, et nous insupportent sans que l’on arrive encore véritablement à les remplacer pour nous tous par d’autres systèmes.

Comment enlever le pouvoir aux gouvernants politiques et économiques qui nous asservissent jusqu’à la disparition ?

Le logement, l’alimentation, la santé, l’éducation, les transports : bientôt si on les laisse continuer à faire joujou avec leurs statistiques et leurs comptes de résultats, et à manipuler nos corps et nos vies comme les petits pions de l’échiquier, nous n’en n’aurons plus non plus, et ils auront transformé le monde comme le hall de réception d’un Novotel – standardisé et froid, hygiéniste, et élitiste comme leurs cartes bleues et leurs puces d’identification et de flicage d’humains.

J’ai honte de ne pas avoir le courage d’être au front avec les défenseurs de l’environnement et de l’agriculture alternative. Je n’ai pas eu le courage d’aller à leur fête lorsque Cron-Cron grand seigneur nous a fait grâce d’abandonner le projet d’aéroport tout en réservant les terres aux pesticideurs de la FNSEA défenseurs du glyphosate.
Mais je pensais : on ne peut faire confiance à ce gouvernement, ils donnent d’une main mais ils ont vont détruire de l’autre et faire un massacre. Je ne pouvais m’empêcher de penser en avant que la fête allait être gâchée rapidement par la destruction, et je n’avais donc pas envie de faire la fête.

Mais enfin, je n’ai pas eu non plus le courage d’aller à la manifestation de soutien avant – hier soir à la Victoire, car je pensais que la victoire était bel et bien une défaite : 2500 militaires face à 250 zadistes et des lieux détruits.

Mais je suis toujours trop pessimiste, et ne vois pas le courage de ceux qui luttent.
Mon pessimisme pour le conflit armé, est tel que si l’on devait écouter mes avis, certainement rien ne se ferait.

Je serais pour que d’un seul et même souffle, nous arrêtions tous de consommer (d’où le sens de la construction de l’autonomie alimentaire, de la récup, des potagers, de l’agriculture urbaine…), nous arrêtions tous de travailler (on lèverait tous le stylo en même temps – une grande grève générale, cf cheminots, avocats, air france, carrefour, ford, ephad, chômeurs, étudiants...), on réquisitionnerait les supermarchés (AC Gironde le fait pour les fêtes de fin d’année, on pourrait peut être recommencer ?), on réquisitionnerait les logements vides (c’est le combat du DAL et de nombreux groupes autonomes pour loger des étrangers et autres populations), on arrêterait la cadence infernale du travail et du salaire, et on remettrait tout à plat : du temps pour vivre, et du temps pour travailler bien et faire des choses qui ont du sens – pas détruire le monde à coups de circulaires administratives et plans marketings.
Qui a découvert la sobriété heureuse ces dernières années et qui s’en porte mieux ?
Il en faut de l’espoir, de l’optimisme et du courage, pour monter une telle résistance, globale, massive, concrète et sauver des terres et des espèces.
Mais nous sommes désormais dans un régime politique où le citoyen a peur d’exprimer ses opinions, car il a peur de prendre des coups de matraque.
Nous sommes désormais dans un régime basé sur la peur, et la menace de l’usage de la force.

Si je ne suis pas allée à NDDL c’est aussi parce que j’avais peur de l’armée et de la police, si j’hésite désormais à aller aux manifs, c’est parce que j’ai peur d’être prise à parti par un assaut de policiers.

Ma lâcheté est simplement mon niveau de participation au combat. Il est vrai que certains se sentent capables de faire face à un policier, d’autres se sentent plus aptes simplement à se respecter et à respecter leur prochain, et à œuvrer en local dans leur premier cercle de contacts.

Tout agit dans le Grand Tout, quelque part, comme le battement de paupières de l’un fait le scintillement des ailes du papillon ailleurs.
Mais concrètement, c’est un peu moins ésotérique.

Dans le Larzac, les gouvernants avaient ouvert une négociation après l’abandon du projet de campement militaire sur les terres.

A Notre – Dame – des – Lutttes, Cron – Cron envoie les chars, tout en déjeunant avec ses amis d’Arabie saoudite, à qui il vend des armes et des avions militaires.
Dans une France fasciste et dictatoriale, on ne discute plus à table sauf quand on y a été invité, - les enfants n’ont pas le droit à la parole - et on fait sa prière en baissant la tête avant de manger, et on prend cent coups de verge en récitant des Notre Père, quand on a volé un dragibus, ou fumé un joint pour casser la morale bourgeoise.
Les amoureux de la musique enverront - ils leurs teknivals occuper NNDL pour faire cesser le bruit des explosions ?

Le monde libre de la musique et des opposants va- t- il entrer dans l’action ?
Résistance passive en masse, musique des ethnies, ou jets de pierre et black blocks actions.

Maria Rebelle
qui bat de l’œil,
dans son salon
dans la peur des coups de bâton.

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