Histoire

Pierre Bérégovoy, un autodidacte parvenu au sommet de l’État

Au poste de secrétaire général de la Présidence de la République, Pierre Bérégovoy participe au choix d’une réduction du temps de travail de 40 à 39h sans perte de salaire.

Il devient ensuite ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale dans le gouvernement Mauroy, de juin 1982 à juillet 1984. En 1983, il est de ceux qui plaident au près du Président de la République pour que la France sorte du système monétaire européen. Dans le gouvernement de Laurent Fabius, il occupe les fonctions de ministre de l’Économie, des Finances et du Budget de juillet 1984 à mars 1986. Poursuivant la politique libérale entreprise, il stabilisa le franc, libéralisa les marchés financiers et entreprit la modernisation de la Bourse.

Pierre Bérégovoy réussit un ancrage politique local en se faisant parachuter dans la Nièvre, grâce à François Mitterrand qui lui assurait une position dans son ancien fief. Élu conseiller municipal de Nevers en mars 1983, il occupa en octobre suivant le siège de maire de la ville, Mitterrand faisant nommer Daniel Benoist secrétaire d’État aux personnes âgées dans le troisième gouvernement Mauroy. Il sut se faire apprécier et les électeurs nivernais le réélire au premier tour en mars 1989. En 1985, il fut élu conseiller général du canton de Nevers-est et en mars 1986, il gagna un siège de député au Palais-Bourbon.

Directeur de campagne de François Mitterrand lors de l’élection présidentielle de mai 1988, il devient, après la victoire de ce dernier, ministre d’Etat, ministre de l’Économie , des Finances et du Budget dans le gouvernement Rocard (juin 1988 à mai 1991). Dans le gouvernement d’Edith Cresson, il conserve le même portefeuille, secondé par des ministres délégués (mai 1991 à avril 1992).

Suite aux élections cantonales et régionales de 1992, il est nommé Premier ministre en avril. Après les controverses autour d’Edith Cresson, François Mitterrand fait un choix qui rassure. Pierre Bérégovoy parait un homme de la synthèse : il a des origines modestes, il est aussi l’homme du franc fort et de la rigueur budgétaire.

Discours de politique générale le 8 avril 1992

Pierre Bérégovoy présente son gouvernement devant l’Assemblée nationale moins d’un an avant le renouvellement des députés. Son objectif est de restaurer la confiance et de renouer avec l’espérance par l’action. Son gouvernement travaillera « pour la France et les Français. » Dans un contexte économique difficile, le Premier ministre fait le choix de la rigueur. Mais il rappelle qu’il « ne faut pas confondre rigueur économique et rigueur sociale. » Si la rigueur en économie est une exigence de bonne gestion, la justice sociale est au centre des préoccupations du gouvernement. Il n’y a pas de remède miracle , mais il y a « la lucidité, le calme et la persévérance. » Enfin, à moins de six mois du referendum pour la ratification du traité de Maastricht, Pierre Bérégovoy rappelle que l’Europe est la priorité du président Mitterrand, et un facteur essentiel de paix et de progrès. Il veut « faire l’Europe sans défaire la France ».
Contraint par la perspective des élections législatives de 1993, Pierre Bérégovoy se fixe deux grands objectifs :la lutte contre le chômage et la lutte contre la corruption. Sur le premier point, il promet que les 900 000 chômeurs de longue durée se verront offrir d’ici à la fin de l’année 1992 un emploi, une formation ou une occupation d’intérêt général. Mais, au deuxième trimestre 1992, la France entre en récession. Début 1993, le cap des trois millions de chômeurs est atteint.

Sur le second front, celui de la lutte contre la corruption, une série de mesures doit permettre d’instaurer la transparence sur les dons des entreprises aux partis politiques. Mais des maladresses de communication , l’enchaînement d’affaires, nuisent à cet effort. En février 1993, l’affaire du prêt sans intérêt d’un million de francs que Pierre Bérégovoy a perçu de l’homme d’affaires Roger-Patrice Pelat le blesse profondément. Pierre Bérégovoy a déclaré le prêt à l’administration fiscale et s’est conduit dans les règles, mais le Premier ministre se défend mal, débordé par la polémique qui met à mal son image.

Arrivé dans un contexte économique difficile, il prend diverses mesures sociales au travers de la loi relative à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale et professionnelle (accès à une fourniture minimum d’eau et d’énergie, aide médicale…). Il instaure le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il fait également voter une loi sur l’élimination des déchets et la protection de l’environnement.

L’opposition remporte les législatives de mars 1993 mais Pierre Bérégovoy retrouve son siège de député de la Nièvre.

Le dernier hommage de la République à l’un des siens.

Profondément blessé par les mises en cause de son honneur, Pierre Bérégovoy met fin à ses jours le 1er mai 1993,à l’âge de 68 ans.
« Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie », déclare le président Mitterrand, la voix nouée, devant le cercueil de Pierre Bérégovoy le 4 mai 1993 à Nevers. Plusieurs milliers de citoyens se sont rassemblés. Sont également présents le président Giscard d’Estaing, les anciens premiers ministres, une grande partie du gouvernement, les présidents des assemblées. Laurent Fabius déclare : « Il y a des mots qui peuvent tuer, je pense à Roger Salengro » et précise que Pierre Bérégovoy fut « un grand ministre de l’Économie et des Finances et un remarquable Premier ministre. » Pour Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien Premier ministre a exercé ses fonctions « avec dignité et simplicité. » Edouard Balladur, nouveau Premier ministre, se reconnaît « profondément bouleversé par la disparition tragique d’un homme d’un grand mérite et d’un grand courage qui s’était, pendant de longues années, attaché à servir du mieux possible les intérêts de notre pays. »

Dans son hommage posthume, le président de la République mit en scène son ascension : « Il a suivi l’itinéraire qui va du certificat d’études au CAP d’ajusteur technique, du cours du soir aux examens professionnels, aussi bien à la SNCF qu’à Gaz de France. Il a franchi de degrés en degrés, en passant par la Résistance, le syndicalisme et l’action politique, les étapes qui l’ont conduit à cette maîtrise du savoir et du style qui lui ont permis d’exercer les plus hautes charges du pays, dont il était justement fier. »

Commentaires

Référencer un site gratuitement dépannage serrurier paris