Histoire

Pierre Bérégovoy, militant politique et syndical (1ère partie)

Pierre Bérégovoy est né en 1925 à Déville-les-Rouen (Seine-Maritime). Fils d’un immigré ukrainien commerçant, il est titulaire d’un brevet d’enseignement industriel, d’un CAP d’ajusteur et d’un CAP de dessinateur industriel.

Ouvrier fraiseur puis cadre à la SNCF, il s’engage en 1943 dans la Résistance puis dans le Forces françaises de l’intérieur A la Libération, il est membre de la SFIO et de la CGT. En 1950, il entre à Gaz de France comme agent technico-commercial à Rouen, puis obtient en 1957 sa mutation pour Paris. En 1972, il est promu chargé de mission à GDF. En 1978, il termine sa carrière comme directeur adjoint à GDF.

Pierre Bérégovoy quitta la CGT, avant même la scission de la fin 1947,et rejoignit Force ouvrière dès sa formation .Il fut membre du bureau du groupe du Comité d’action syndical de Rouen-Rive gauche, puis fondateur et secrétaire général du syndicat FO des cheminots de Rouen créé le 21 février 1948. Il fut ensuite un actif militant à Gaz de France.

Pierre Bérégovoy se détacha progressivement des positions de la direction de la SFIO. Hostile à la guerre d’Indochine, il approuva l’expérience Mendes-France et fut hostile à la Communauté européenne de défense. Il s’engagea résolument dans le combat contre la guerre d’Algérie. En accord avec la direction du parti dans un premier temps, à l’automne 1955, il mena des actions unitaires contre le rappel des soldats en Algérie, devant la caserne de Richepanse, se liant alors avec le communiste Roland Leroy.

Secrétaire de la fédération SFIO par intérim, remplaçant Georges Brutille , rappelé en Algérie, durant l’automne 1956, il critique par la suite l’acte gouvernemental de Robert Lacoste en Algérie et milita désormais dans les rangs de la minorité socialiste avec Alain Savary.

Pierre Bérégovoy accompagna ses camarades minoritaires dans la scission qui vit la naissance du Parti socialiste autonome en septembre 1958. Secrétaire de la section de Versailles, il fut membre du bureau de la fédération de Seine-et-Oise. Avec les autres membres du PSA, la majorité de l’Union de la gauche socialiste et le groupe Tribune du communisme, il contribua à la formation du Parti socialiste unifié le 1er avril 1960. Permanent de Force ouvrière, il passait alors pour un des spécialistes du parti en matière syndicale. Il fut l’un des premiers contestataires du parti, critique envers son orientation très à gauche.

Au 1er congrès national du PSU d’avril 1961, la motion d’orientation « Pour un socialisme moderne » qu’il rapporta obtint 16% des voix. Élu minoritaire au Comité politique national du PSU, il fit connaissance de Pierre Mendes France dont il devint un collaborateur direct durant une dizaine d’années. Avec les mendésistes, il se rapprocha progressivement de la direction du parti et entra au bureau national en novembre 1963. Il collabora étroitement avec Gilles Martinet, numéro deux de l’organisation. Secrétaire du syndicat Force ouvrière jusqu’au 1er novembre 1963, il se rallia ultérieurement à la CFDT.

Il s’affirma comme l’un des spécialistes des questions économiques du PSU. Pierre Bérégovoy , comme Gilles Martinet, était partisan du ralliement du PSU à la FGDS et, après le congrès de juin 1967,qui vit l’arrivée de Michel Rocard à la tête du parti, il se retrouva de nouveau dans la minorité, décidé à rejoindre la FGDS. Il quitta le PSU en octobre 1967 et fonda avec d’autres mendésistes le club « Socialisme moderne ». Ce club s’affilia à l ’Union des clubs pour le renouveau de la gauche animée par Alain Savary et Robert Verdier et, par cet intermédiaire, adhéra à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) en décembre 1967.Il participa ainsi à la construction d’une gauche moderne avec le concours des syndicalistes et des jeunes.

Lors du congrès constitutif du nouveau Parti socialiste (PS) à Alfortville en 1969, qui entérina la fusion de la SFIO, de l’UCRG, de dissidents de la CIR et de quelques radicaux-socialistes, Pierre Bérégovoy entra au comité directeur et au bureau national du parti désormais dirigé par Alain Savary. Il y était chargé des relations sociales et syndicales. Il se prononçait pour un dialogue avec les communistes, mais se montrait réticent envers l’idée d’un programme commun. Maintenu dans ses fonctions après le congrès d’Epinay, en juin 1971, il rejoignit le courant Mauroy puis la majorité du PS. Il symbolisa les proches de PMF qui se rallièrent à François Mitterrand, avec Charles Hernu. Pierre Bérégovoy entra au secrétariat national du PS au congrès de Grenoble en juin 1973, alors que le CERES et la majorité des mitterrandistes s’éloignaient.

Il fut chargé d’abord des affaires sociales et des rapports avec les syndicats puis, à partir du congrès de Pau, en février 1975, des relations extérieures du parti, principalement avec le PC et les radicaux. Il fut en 1974 un des cinq négociateurs chargés par le PS de préparer les « Assises du socialisme »q ui aboutirent à l’entrée de la majorité des militants du PSU, des membres des GAM (Groupe d’action municipale) et de syndicalistes de la CFDT. En 1975, à la tête de la délégation socialiste, il rencontra Paul Laurent( PC) et François Loncle (radicaux de gauche) .Il obtint la tenue de cent meetings communs de la gauche sur le thème de l’emploi.
Candidat aux législatives de mars 1973 dans la 2e circonscription de la Corrèze, il affronta sans succès Jean Charbonnel ( UDR). En 1975, il s’installa dans la région du Nord et entra à la commission exécutive fédérale du Nord. En mars 1976, il fut désigné par le conseil général du Nord pour siéger au conseil régional. En 1977, Pierre Bérégovoy fut candidat sans succès à la mairie de Maubeuge, puis ,en 1978 dans la 22e circonscription du Nord, battu par le député communiste sortant, Albert Maton, président du groupe communiste à l’Assemblée départementale.

Principal négociateur socialiste lors de la négociation avec le PC qui exigeait l’actualisation du programme commun, Pierre Bérégovoy se montra intraitable avec ses partenaires communistes lors de la réunion du 14 septembre 1977, où se produisit la rupture de l’Union de la gauche, avec le retrait des radicaux de gauche et la dénonciation par le PC du refus des socialistes d’étendre les nationalisations. Mais il récusait tout abandon par le PS de la stratégie d’Union de la gauche et soutint le premier secrétaire contre Michel Rocard, appuyé par Pierre Mauroy au congrès de Metz en avril 1979.

Désormais, il occupait une place essentielle dans le PS et engrangea les fruits de ses efforts. Il fut nommé membre du Conseil économique et social de 1979 à 1981 et se vit désigner directeur de la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1981.

Rédacteur des 110 propositions du candidat socialiste avec Jean-Pierre Chevènement et Michel Charasse, il fut nommé au poste stratégique de secrétaire général de l’Elysée en juin 1981, après la victoire électorale du 10 mai 1981.

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