Histoire

Hommage à Henri Krasucki (1ère parie)

Henri Krasucki est né en 1924 en Pologne, à Wolomin, petite ville située près de Varsovie. Le milieu familial communiste et la langue yiddish dans lequel il grandit a favorisé un engagement politique précoce.

Son père,Isaac Krasucki s’installe à Paris en 1926 fuyant le régime antisémite et anticommuniste du général Pilsudski. Henri et sa mère Léa Bersczewski le rejoignent en 1928. A Paris, Isaac Krasucki milite à la CGTU du textile et devient un des leaders syndicaux des travailleurs immigrés juifs de la confection. Sous l’occupation, il poursuit ses activités militantes comme responsable de la commission intersyndicale juive et se charge en particulier de l’organisation d’actes de sabotage. Arrêté par la police le 20 janvier 1943, il est interné à Drancy, puis déporté le 9 janvier 1943 à Birkenau, gazé le 13 février à son arrivée. La mère d’Henri Krasucki, Léa, participe également pendant la guerre à des activités clandestines comme agent de liaison d’un dirigeant de la MOI (Main d’œuvre immigrée) Kowalski. Arrêtée en mars 1943, elle est déportée. Léa meurt à Paris en 1983.

Avant 1939, Henri suit sa scolarité à l’école primaire de Belleville dont la place porte désormais son nom, puis au lycée Voltaire dans le onzième arrondissement, où il se révèle être un très bon élève, travailleur. Il interrompt pourtant sa scolarité dès 1939 pour chercher du travail, ses parents ne pouvant financer la poursuite de ses études.

La signature du pacte germano-soviétique jette nombre de militants communistes dans la clandestinité bien avant l’Occupation. Dès l’été 1940, des jeunes communistes de la MOI, organisation créée par le Parti communiste pour ses adhérents étrangers, se regroupent. A l’automne 1940, ils étaient plus de 50 jeunes communistes organisés clandestinement dans les 11e et 20e arrondissements, ils distribuaient des tracts, prenaient la parole dans des cinémas, coupaient les câbles de transmissions de la Wehrmacht dans les forêts, et commençaient à aider les enfants juifs à se cacher.

Responsable des Jeunesses communistes dans le vingtième arrondissement, Henri est nommé en 1942 par Adam Rayski à la direction parisienne des organisations de jeunes de la section juive de la MOI. Henri Krasucki participe alors à des actions clandestines très diverses couvrant autant des activités de contre-propagande que des actions armées : distribution de tracts et de journaux appelant à la Résistance, actes divers contre l’occupant, grenadage de dépôts et de wagons allemands, fabrication de faux papiers, recrutement… Filé depuis février 1943,par la Brigade spéciale de la police française, Henri Krasucki est arrêté le 23 mars en sortant de chez lui, puis emmené dans les locaux de la BS à la Préfecture de police de Paris. Torturé et battu, parfois en présence de sa mère, Henri Krasucki ne parle pas et ne livre personne. Après trois semaines aux mains de la police française, il est interné à Fresnes dans le quartier des condamnés à mort ; interné à Drancy, il est déporté le 22 juin 1943 à Auschwitz. A Auschwitz, Krasucki fut sélectionné dans la colonne de ceux qui rentraient au camp. Les autres allaient vers les chambres à gaz. Et tout de suite, la recherche du contact, en particulier avec des antifascistes allemands, anciens des brigades internationales.

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